Je crois que le rêve de devenir journaliste devait sommeiller en moi depuis longtemps. En tout cas, à deux ans, alors que ma petite sœur apprenait à ne plus baver sur ses vêtements, j'étais déjà fasciné par les mots. Je répétais tout ce que disait ma pauvre mère qui me traitait de perroquet, et moi de répondre «Je ne suis pas un perroquet. Je suis une mère hoquet!». Certainement pour combler ce «besoin d'écho», ma marraine m'offrit à cinq ans un magnétophone. J'enregistrais alors les gargouillis de ma sœur pour les faire écouter à ma maman qui avait beaucoup de mal à croire que tout ça déboucherait un jour sur une brillante carrière.
C'est seulement à l'adolescence que j'ai compris que seule une vraie maîtrise des mots m'apporterait la faveur des filles. Faut dire aussi que mon physique de myrmidon et mes prouesses sportives... disons euh... approximatives... me désavantageaient un peu. Alors, après plusieurs années de poésie française, après avoir appris l'anglais, le suédois, l'espagnol et un peu d'allemand, et aussi après avoir erré dans le monde de la traduction, de l'informatique et de la gestion de projet, j'ai atteint l'âge vénérable de 33 ans.
On m'a offert de marcher sur l'eau. J'ai préféré la Gaspésie. Avec mon Certificat en journalisme et une très petite expérience de la radio, j'ai décidé de me lancer. J'aime beaucoup mon métier, j'adore poser des questions et j'espère humblement provoquer cet écho qui vous fait réfléchir, fait avancer les idées et le débat public et qui enrichit les personnes.
Le futur ? C'est un peu comme une interview. Il démarre presque toujours sur une question centrale bien préparée à l'avance, mais la réponse de l'interviewé nous emmène souvent sur des chemins tout à fait nouveaux que nous n'espérions plus.
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